Aphorisme d'Été
Je reprends le stylo pour écrire encore, peut-être juste pour répéter, peut-être pour se divaguer dans mon cercueil de mots, une tombe que j'ai édifié pour moi-même, peut-être aussi pour vénérer la chère déesse Muerta.
Je veux vomir de mon souffle, je me décortique pièce par pièce et ce qui reste sera exhumé pour porter le feu et le souffle de Mithra ; Chutes et distortions, torsion d'une âme qui tend vers un rien du tout !
Je chante l'éloge des choses perdues, une hantise de manqué insère ses griffes vulgaires aux plus profonds compartiments de mon âme, et c'est là, cher Lecteur, où je trouve mon plaisir. N'attend rien de moi, et surtout rien d'utile, je vous fis perdre votre temps, et c'est bien nécessaire.
Alors, parle moi, cher Esprit, porte tes lunettes afin que la réalité ne t'aveugle pas, pénètre notre monde vaniteux et inculte et inculque en nous le peu de vérités que le Primordial t'as légué. Fais moi boire de ton flot pour toute éternité !, porte moi vers tes cieux afin que j'atterris sur ta géhenne !
Permettez l'exubérance de ma vilenie, et soyez le guide de mon vide. Je chante le manqué, d'une voix qui ne tarirait à jamais ! ; Futures perdues et passés inconscients, le présent me dégoute, mais peut-être j'ai besoin de le tolérer ? Aporie à jamais !.
Je reprends, avec arrêt je me contredis et j'en ai besoin, le véhicule malfonctionne encore et je cherche encore, objet de malfaisance.
Le ciel respire, chose spéciale pour un Juin, ça me rappelle une attitude : pousser des larmes en forme de pluies, des cris en forme de tonnerres, de la folie en foudre et de la jouissance en pétrichor !
Ciel ocre chargé lourd, en attente comme un Brahmin attend sa Nirvana.
J'aspire à être accueilli dans ses seins, sa poitrine brûlante et angélique, sa douceur de merde me rend fou à la limite de la rage, colère d'être un "manquant" où chaque tentative n'est que du patinage ; Je me trouve émerveillé de quoi que ce soit dans cette charogne chthonienne.
Je maudirai à jamais cet asile d'aliénés, de foules solitaires qu'on appelle "société" : agencement d'hébétés, berceau de pourris et de mélancholes ; sa destruction : inconcevable, c'est le capitalist realism in full action !, sauf par une méthode : s'intégrer parmi ses entrailles tout en gardant la chaleur d'un martyr, en convoquant l'ira dei sur nos âmes flétries, se reconstruire soi-même....