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Extrait de Journal (19 Avril 2026)

Un jour, tu seras devant moi, je te racontrerai ce qui c'est passé pendant toutes ces années, les métamorphoses dont j'ai subies, la maturité et l'épanouissement fleuri qui m'a permis de te voir sous un nouveau aspect, avec plus de netteté et de reconnaissance. On se causerait sur la philosophie, je te dévoilerai les mouvements de ma poésie, je te décrirai les enjeux qui me saisissaient, les amours que j'ai entretenus et les supplices que j'ai endurés.

Cette journée serait Orphéenne, on en parlerait plus jamais, et l'instant où on oserait l'évoquer, elle se tarira à jamais, mais pour l'instant, tandis que tu demeures encore dans ta cachette d'absente, ton temple détaché, puant de sacralité et portant, dans son étendue, à la révérence, je t'évoque, Chère N. , l'inspiratrice, la satyre qui a alimentée mes rêveries depuis années.

Sachez, Il m'est rare de tomber dans ces accès au poétique... Les déroulements entre lesquels j'erre quotidiennement sont toujours d'une platitude handicapée, c'est à cause d'une exubérante matinée d'un Vendredi (dont je haïs l'évènement, mais pour d'autres raisons), c'est dû au paysage verdoyant, sublimité particulière du printemps, le temps poétique, la saison des évanouissements dans la rêverie,

Que,

Je te chante encore, maîtresse et souveraine, à toi je me rattache afin de ne pas perdre pas, afin de me retrouver. Cependant, l'image ne me suffit plus, il faut que je te ramène au concret, je ne sais si j'oserais dire «au détriment de toute chose», mais je veux porter ton attention, ta chère considération, sur l'ardeur qui me porte vers toi, il est à mentionner cependant que l'affût je le sens flétri déjà, tant d'années dans lesquelles je te sollicitais, sans succès.

Ce qui me ramène enfin à te louer tandis que je ne peux te maudire à ce moment, fi soit à tout ce qui entrave notre rencontre voir le Destin lui-même.

Il faut que tu connaisse, ma N. aimée, que je les trouve las et insipides toutes ces histoires, ces démarches qui appartiennent au quotidien et même cette chose que parfois j'estimais comme étant le dépassement de la mondanité qui est la littérature, toutes ces occupations, ces capteurs me sont d'une pâleur et d'une fadeur lamentables. C'est à toi, c'est en toi que j'entrevois renouveau, source jaillissante mais aussi enfer criard. Ardent et difficile à concilier entre toi l'imaginaire et ta version concrète et effective qui abrite une villa quelques kilomètres de là, celle dont je connais l'exacte demeure et le lieu d'études et les prises de contacts, mais c'est aussi celle qui a cédé, qui a fait que mon espérance émouvante soit heurtée avec non pas même un refus mais une simple perception de l'atteinte, une vue.

C'est que je t'emmerde ainsi que toutes tes histoires qui m'ennuyent, c'est ainsi que je désire qu'un jour je me permets de te les dire ces mots là, après t'avoir rencontrée encore et re-développé une liaison avec toi, toi la concrète, que j'écrirais une nouvelle histoire, l'histoire anticipée, l'histoire qui a dû être mais que par un quelconque tour rusé de la part du Destin et avec la complicité de la Providence, n'as pu se manifester.

Donc à l'encontre de l'impossible, je songe vers toi, rehausse moi et fais que ces louanges dirigées avec violence peuvent émouvoir que ça soit le peu de ce qui reste de sentiment en ta personne, putaine de N.